Le monde jurassien 2

Jurassic World: Fallen Kingdom : Affiche

Jurassic World premier nom faisait partie de cette vague de reboots qui n’en avaient pas l’appellation officielle mais dont le but était clairement de trouver la formule magique pour à la fois séduire et ne pas froisser ancienne et nouvelle génération. Forcément clivant par son côté polissé, l’opus de Colin Trevorrow jouait à fond la carte de la nostalgie sur fond de grand spectacle quitte à ne pas proposer grand chose de neuf sinon un film divertissant se reposant sur la base du rêve de voir le fameux parc en fonction se concrétiser avant sa dévastation attendue. Cette démarche quelque part rassurante par sa non-prise de risques appelait presque de fait un deuxième épisode s’extirpant de ce carcan nostalgique pour aller enfin explorer de nouvelles ramifications de cet univers et définir ainsi une véritable identité propre à justifier l’existence de cette nouvelle trilogie. Autant l’avouer tout de suite, le bilan de « Fallen Kingdom » n’est pas très glorieux sur le fond. Malgré un départ posant de belles bases autant philosophiques qu’écologiques sur l’approche à adopter vis-à-vis de l’existence même de ces créatures nées de la main de l’Homme, le scénario une nouvelle fois signé Colin Trevorrow (avec Derek Connolly) bifurque assez vite vers le manichéisme le plus pur en grillant à peu près tous les tenants et aboutissants de la globalité de son intrigue au bout de la première demi-heure. Les forces en présence sont bien trop rapidement révélées et l’éternel affrontement entre gentils scientifiques et hommes d’affaires cruels/militaires des épisodes précédents reprend ses droits sans chercher à créer la moindre surprise. « Fallen Kingdom » semble dès lors tout faire pour privilégier l’action et l’omniprésence de dinosaures (on a bien sûr droit à une nouvelle ultime espèce hyper-carnassière-de-la mort-qui-tue génétiquement modifiée) au détriment d’affirmer un propos réellement inédit. Pire, dans sa dernière partie, le film s’enfonce dans le grotesque à force d’enchaîner les énormités illogiques (on peut certes penser que le plan des méchants très méchants était prévu depuis un moment mais de là à tout voir s’enchaîner en quasiment moins d’une journée, c’est fort !) ou les twists discutables (la révélation autour d’un certain personnage car ce qu’elle implique rapporterait bien plus et se révélerait beaucoup plus pratique à vendre qu’un simple trafic de dinos mais bon…). En fait, au final, « Fallen Kingdom » n’est finalement qu’un « vulgaire » épisode de transition dont les enjeux les plus intéressants sont une nouvelle fois repoussés au film suivant et où les héros ne paraissent être que des silhouettes évadées du souvenir du film précédent face à une opposition bien trop caricaturale pour être marquante (on ne parlera pas des petits nouveaux déjà évanouis de nos mémoires… à part peut-être Daniella Pineda en scientifique combative).

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Deepwater horizon

Deepwater : Affiche

Après le très bon du Sang et des Larmes en 2014, Peter Berg revient sur la catastrophe de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, qui a explosé en 2010 dans le golfe du Mexique au large des côtes américaines. Et il s’avère que c’est un endroit idéal pour un film catastrophe, car c’est un lieu hors du commun, à la fois isolé et ouvert, qui inspire très vite l’angoisse en cas de problème. Et puis c’est surtout un cadre jamais vu au cinéma. Bien qu’il y ait beaucoup de choses à dire sur le plan économique et écologique, Peter Berg se concentre quasi uniquement sur l’aspect catastrophe et sur le côté immersif de son film. C’est un choix qu’il assume parfaitement. Son film réussit à créer une tension qui monte crescendo, un peu à la manière des récents Capitaine Philips ou encore Everest. Le réalisme est la clé de la crédibilité du film et de son aspect spectaculaire. Les effets visuels sont réussis et rendent le film d’autant plus captivant. Mark Walhberg fait le job et on a plaisir à revoir John Malkovich. Ce dernier interprète un cadre cynique d’une compagnie pétrolière, pour lequel la sécurité passe après le profit. Le reste du casting est plus facilement oubliable. On peut regretter quand même que les enjeux écologiques soient laissés de côté alors que la catastrophe de Deepwater Horizon a surtout fait parler d’elle pour sa funeste marée noire. Mais c’est un long métrage d’une redoutable efficacité grâce à une mise en scène à couper le souffle.

Mémento

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Memento repose sur un scénario certes alambiqué mais surtout solide, mis en scène à la manière d’une illustration pratique (si on peut dire) de la spécificité du personnage central, à savoir une forme d’amnésie particulière qui le prive de mémoire immédiate. Ne se souvenant que des grandes lignes de sa vie, le héros – incarné par Guy Pearce – se réveille chaque matin sans savoir où il est ni ce qu’il fait là et doit se fier aux notes et photos qu’il prend pour organiser son existence en vue d’atteindre son objectif : venger la mort de sa femme. Comme pour nous plonger au cœur du problème dès le départ, la structure narrative est inversée, c’est-à-dire qu’elle remonte le fil du temps en délivrant petit à petit les indices qui permettront de comprendre les personnages et leurs intentions pour enfin comprendre l’ensemble à la fin. A regretter tout de même quelques clichés distillés par ci par là, comme la définition caricaturale des personnages, le manque de poésie et la photographie terne, qui viennent contraster avec tout le sérieux du script. Memento est donc un film qui masse la cervelle, un film qui nous saisit bien fermement par les épaules et nous transporte où il veut sans qu’on ne se rende compte de rien. C’est aussi un des premiers de Christopher Nolan, qui apportait déjà la preuve de son goût pour les histoires tordues et de son audace à les réaliser.

Sphère

Sphère

Sphère bénéficie d’un statut de film culte. Film culte ne signifie pas toujours qualité, mais ce coup-ce on a un très bon film. La particularité de Sphère est qu’il navigue entre les genres. On a un film de Science-Fiction avec une touche de fantastique, d’horreur et de drame. On a le droit à un huis-clos savoureux et bien tendu.
L’histoire est simple et originale: Norman (Dustin Hoffman), psychologue, est envoyé dans une mission top secrète aidé d’une équipe de scientifique en compagnie de vieilles connaissances: Beth (Sharon Stone), Harry (Samuel L. Jackson) et Ted (Liev Schreiber). On a découvert un vaisseau spatial, échoué dans les fonds marins du Pacifique depuis 300 ans ! Dans ce vaisseau ils vont découvrir une étrange sphère qui pourrait bien habiter une espèce encore inconnue et venant d’une autre planète…

Les influences sont nombreuses. En regardant Sphère on pense immédiatement à Abyss, Event Horizon, Alien ou encore The Thing. Il ne faut pas être claustrophobe, l’intrigue se situe à 300 mètres de profondeur. D’ailleurs, Sphère est très rythmé du début à la fin, on ne perd pas de temps et on est tout de suite dans le bain (sans mauvais jeux de mots). La première heure est d’ailleurs incroyable. Malheureusement, le film perd en intensité, le final est d’ailleurs assez décevant et un petit peu tiré par les cheveux. Globalement le film est bien maîtrisé, Barry Levinson reste sobre comme à son habitude.
On en retiendra un formidable divertissement, les 130 minutes du film passent toutes seules et on se dit que des bons films de science-fiction sont trop rares de nos jours et c’est bien triste. Pour finir, les effets spéciaux sont réussis, ce film n’a pas vieilli d’une ride à l’exception de ses acteurs stars.

The Shadow!

En 1994, j’ai vu ce bon spectacle sur grand écran. Le souvenir était agréable, du coup j’ai acheté le DVD et je ne le regrette absolument pas. « The shadow » a très bien vieilli, contrairement à certains de ses confrères qui se sont pris un gros coup de vieux dans la bobine. La nostalgie que j’éprouve y est sûrement pour quelque chose: malgré tout, grâce à son côté sombre, ambigu, et cool, je suis persuadé que les fans de ce genre de films vont l’adorer.
Alec Baldwin est génial dans son double rôle de Lamont Cranston et « The shadow ». Le réalisateur de « Highlander »(1986) a réussi la prouesse énorme de recréer l’ambiance ténébreuse des films noirs des années 30-40. Cela donne un petit côté carton-pâte mais exprès, voyez… comme dans les bons vieux films d’antan, quoi!!
Face à notre héros, John Lone est lui aussi super, dans le rôle du mauvais Shiwan Khan.
Je vous recommande vivement ce spectacle à l’humour noir et aux gâchettes faciles.

The Rocketeer!

Bien avant Avengers et la déferlante Marvel studios, il y avait déjà eu une vague super-héroïque menée par Disney, avec entre autre, en 1991, ce bon vieux Rocketeer, réalisé par Joe Johnston, qui a également réalisé Captain america et Jurassic park 3. Bien qu’il fut considéré comme un échec commercial, ce film est franchement bien foutue, avec une ambiance pulp tout à fait correcte, un Billy Campbell jouant très bien le demeuré au grand coeur, une Jennifer Connelly toujours diablement sexy, mais ici déjà terriblement cruche. Ce sont surtout les seconds rôles qui sont bons, et aussi le méchant, Timothy Dalton avec une fine moustache, c’est un Disney, donc on identifie plus facilement le bad guys!

Côté effets spéciaux, ça aura plutôt bien vieilli, le blu-ray rends vraiment hommage à ce film en offrant de super contrastes et un grain parfait. L’histoire est classique, mais bravo à Disney pour avoir tenté de restituer l’ambiance du comic book de Dave Stevens, qui depuis à connu pas mal de nouvelles versions.